Samedi 7 novembre dernier, nous étions une quinzaine à rejoindre la ferme d’Antoine Talin à Cobonne, dans la Drôme, pour écouter Thomas Huguin – venu de Lyon pour l’occasion – partager ses expériences de culture de pleurotte et de shiitake.

IMG_9815Thomas, aka l’inspector Cluzo du champignon 😉

Pendant une après-midi radieuse, nous avons écouté, discuté et mis en pratique ce que Thomas est venu partagé avec nous de ses expériences sur les différentes étapes de mise en culture de souches de pleurottes et de shiitake. Thomas a insisté sur les précautions à prendre pour minimiser les contaminations, l’équipement nécessaire, l’inoculation de céréales puis de chevilles de bois dans des troncs d’arbre, les facteurs de réussite, les difficultés etc.

Thomas a également affirmé à plusieurs reprises l’intérêt que nous partagions le résultat de nos expériences. D’ailleurs, n’hésitez pas à commenter cette note si vous avez des expériences de culture de champignon à partager.

IMG_9813Présentation théorique sur la culture de champignons

Après un exposé sur les principes de la culture de champignons, nous avons scindé le groupe en deux avec une partie dédiée à la fabrication d’une gélose et l’autre consacrée à la pause de chevilles inoculées sur des tronçons d’arbre. La gélose est le substrat qui permet le développement du mycelium dans un milieu stérile. Cette gélose est faite d’eau de cuisson de pommes de terre, d’agar-agar et de sucre.

 

IMG_9877Les étapes de la fabrication d’une gélose

Une fois cette gélose confectionnée, elle est tapissée dans des boites de pétri stériles. L’opération doit se faire en milieu stérile, ensuite l’ensemble est stocké au frais, prêt à recevoir quelques spores (organes reproducteurs) de champignons.

Le prélèvement des tissus de champignon (pleurotte en l’occurrence) s’effectue dans la partie charnue et intérieure du champignon (la moins exposée à l’extérieur). Une fois déposé (dans des conditions stériles, soit à moins de 10 cm d’une flamme), le mycelium a besoin de temps (1 à plusieurs semaines) pour se développer. Si la boite de pétri revêt une couleur foncée rapidement, c’est synonyme de raté. Le mycelium est toujours blanc et son développement est toujours plus lent que celui de ses concurrents.

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Si le mycelium prend correctement, il colonise la gélose. Une fois le substrat colonisé, on pratique l’inoculation du mycelium dans un pot contenant des grains de céréales (source d’alimentation pour le développement du champignon).

Nous avons utilisé du blé (mais l’orge ou l’avoine conviennent également). Ce blé avait été mis à tremper pendant 24 heures. Ensuite le blé a cuit pendant une quarantaine de minutes, puis incorporé dans des pots (format de petit pots pour bébés), pots stérilisés à l’autoclave.

Dans ces bocaux, le mycelium doit coloniser le substrat de céréales et c’est à partir de ce matériau que nous aurions pu inoculer des chevilles de bois destinées à être enfoncée dans les tronçons d’arbre pour le développement de futurs champignons. Nous n’avons pas réalisé cette étape car la majorité du mycelium mis en culture par Thomas était contaminé.

Matériel nécessaire pour se lancer :

  • boites de pétri
  • champignon (pleurotte)
  • pomme de terre, agar-agar, sucre
  • petits pots en verre avec couvercles en aluminium
  • autoclave
  • grains de blé
  • chevilles de bois
  • troncs d’arbre
  • perceuse

Document à lire : Agrodok 40, la Culture de Champignon à petite échelle
Site web à consulter : champignonscomestibles.com
En photo, les expériences de Thomas Huguin.

En video : placer des chevilles inoculées de mycelium dans des troncs d’arbre (peupliers et chêne en l’occurrence).


NB : contrairement à ce que j’indique dans cette vidéo, ce n’est pas l’Atelier des Alvéoles (le bureau d’études d’Antoine Talin) qui organisait cette après-midi mais l’association La Roche à Miel, qui anime ce lieu collectif en cours de réhabilitation.

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