Dans The Networked Nonprofit, Beth Kanter et Allison Fine analysent les changements auxquels les organisations sans but lucratif doivent procéder pour s’adapter aux médias sociaux. Le « free agent » incarne bien ce nouveau public qu’il faut intégrer au fonctionnement de l’organisation.

Free agent = activiste amateur

Le début du livre montre l’avènement d’une nouvelle figure de la mobilisation et  de la diffusion d’informations : « le free agent », que je traduis par activiste amateur.

Il ne s’agit pas de l’amateur au sens diminué de celui qui pratique une activité à ses heures perdues, mais plutôt au sens de celui qui aime, se passionne et apprécie une activité au point de développer des compétences comparables à celles des professionnels.

Ces activistes amateurs sont définis comme « des individus passionnés qui travaillent en dehors d’une association sur l’information, la mobilisation, la collecte de fonds et la communication avec les publics de l’association ».

Du coup, nous pouvons considérer comme amateur d’une cause à peu près tous les internautes qui citent des organisations ou prennent la parole sur les causes sur tous les espaces d’expression du web. Et il y en a !

Photo : Banksy

Exemple : twestival

En octobre 2008, Amanda Rose et quelques amis se demandent si leur outils de microblogging préféré pourrait servir à collecter des fonds comme l’application Causes de facebook. Oui ! Charity: water fut choisie après des discussions, notamment du fait de leur utilisation active des médias sociaux.

Après de nombreux échanges sur twitter, l’organisation d’un twestival fut arrêtée pour le 12 février 2009. 202 événements furent organisés à travers le monde. Des événements auto-organisés localement. Chaque groupe s’est chargé de faire connaitre l’événement au public, aux médias locaux, aux entreprises pour qu’elles participent.

Ce jour là, les twestivals ont rapporté 250 000 $ de collecte, sans coût pour Charity: water.

Changement de monde

Dans les années 80, Bob Geldof organisait des concerts pour collecter des fonds. A cette époque des médias de masse, il fallait du capital, des stars internationales et des milliers de techniciens pour attirer l’attention à un instant T sur une cause et son financement.

Avant l’avènement des médias sociaux, les organisations ignoraient le plus souvent l’existence des ces publics volontaires et passionnés car ils avaient peu d’occasion pour les rencontrer : ces occasions de rencontres sont de plus en plus nombreuses en ligne.

Aujourd’hui, les amateurs d’une cause, utilisateurs quotidiens d’emails, de blogs, de facebook ou twitter, donnent de leur temps et de leur talent pour remplir une mission essentielle de l’organisation.

L’organisation doit tout faire pour s’associer avec ces bonnes volontés et permettre à cette forme décentralisée du bénévolat de s’exprimer.

Les activistes amateurs sont des figures essentielles du passage de l’organisation traditionnelle à l’organisation en réseau. Ils ne sont pas concurrents mais alliés. Comptez sur eux et réservez leur une place dans vos activités.

Pour collaborer avec ces activistes amateurs

  • Apprenez à les connaitre : lisez leur blog, suivez leur tweets et rejoignez-les sur facebook, apportez leur vos commentaires, tissez des relations de confiance.
  • Donnez leur une place : consultez-les et faites les participez à vos activités, invitez-les et rencontrez-les lors de vos événements. Ils apporteront sans doute des éclairages nouveaux.
  • Faites tomber les frontières : une rencontre physique n’est pas concurrente ou supérieure à une rencontre sur les médias sociaux. Les deux se complètent et se renforcent mutuellement.
  • Laissez-les entrer et sortir : l’engagement de ces amateurs est libre. Ils peuvent se passionner pour une sujet et passer à un autre. Ce ne doit pas être un frein pour tisser des relations de confiance avec eux.

LIENS EXTERNES (en anglais) :

Beth Kanter : How many free agents does it take to change a non profit fortress

David Lee King : Get to know your free agent

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