Les auteurs de The Networked non profit définissent l’organisation en réseau en prenant l’exemple de la Surfrider Foundation. Petite collection d’éléments qui alimentent une réflexion sur le devenir réseau des organisations.

La Surfrider Foundation

Pour mener ses activités de conservation, de sensibilisation, de recherche et de formation, la Surfrider Foundation dispose d’une équipe de 30 permanents et d’un budget de 5 M d’$.

L’organisation est composée d’un siège en Californie et de 70 groupes qui organisent localement le travail des volontaires. De nombreuses pages sur facebook donnent à voir le travail de ces groupes. Les membres de l’association accompagnent et soutiennent les activités des groupes locaux qui s’organisent de manière autonome.

La Fondation partage en ligne son plan d’action, ses rapports annuels, ses rapports financiers, ses audits et ses impôts, faisant de ces contenus des supports aux échanges.

Elle encourage aussi ses membres à parler de leur travail et les dirigeants de l’association prennent part aux discussions sur les blogs et sur twitter. L’organisation est consciente d’être parcourue par différentes formes de réseaux sociaux qui, transposés en ligne, doivent être accompagnés et associés aux activités.

Le travail de l’atome et le travail des bits

Chaque groupe local mène des activités hors et sur les réseaux numériques. En dehors il s’agit d’organiser le nettoyage des plages, d’analyser la qualité de l’eau et de mener des activités pédagogiques.

Sur les médias sociaux, il s’agit de participer aux conversations, d’organiser et de documenter les événements et les activités, d’envoyer des mailings d’alerte ou de rendre compte des résultats d’une campagne.

La Surfrider Foundation propose plusieurs formes d’engagement à ses publics qu’elle distingue entre supporters, membres, activistes et leaders. Les supporters peuvent acheter un t-shirt ou donner leur email pour recevoir des alertes, les membres peuvent s’abonner à un podcast ou organiser le nettoyage d’une plage, les leaders peuvent participer aux événements ou rencontrer des élus pour échanger sur les évolutions des textes de lois.

A propos des organisations en réseau

Les organisations en réseau sont simples et transparentes. Ce sont des organisations dans lesquelles il est facile d’entrer ou de sortir. Ces organisations incitent les gens à dire et à partager leur travail afin de sensibiliser sur les enjeux sociaux, d’organiser les communautés pour qu’elles fournissent des services ou de faire du plaidoyer pour faire évoluer le cadre juridique.

A long terme, ces organisations oeuvrent pour que le monde soit moins dangereux, plus juste et plus propice à la dignité et la santé humaine.

Les organisations en réseau ne travaillent pas plus, elles travaillent différemment. Elles s’investissent et nourrissent des conversations avec des personnes qui ne font pas partie de leur organisation. Elles tissent des relations qui permettent de faire connaitre leurs activités et leurs réflexions dans ces réseaux. Le fait de faire de la construction et de l’entretien de relations avec des publics extérieurs une mission assumée par tous les membres change le travail de chacun.

Travailler ainsi est une possibilité donnée par les médias sociaux. Toutes les organisations en réseau sont à l’aise avec l’utilisation d’outils sociaux comme l’email, les blogs ou les réseaux sociaux pour favoriser les échanges entre les publics entre eux. Mais il faut aussi profiter de ces outils pour permettre un dialogue entre ces publics et les organisations.

De nombreux travailleurs au sein des associations et des ONG sont déjà très occupés et manquent souvent de moyens. C’est notamment parce que l’organisation ne profite pas pleinement des ressources qu’elles pourraient trouver en s’intégrant aux réseaux existants ou en fournissant les outils nécessaires aux communautés qui pourraient l’aider. Les organisations en réseau sont consciente  de faire partie d’un écosystème plus large animé d’organisations et de personnes prêtes à donner de leur temps.

L’organisation en réseau ne craint pas de perdre le contrôle de ses programmes, de son image ou de ses messages, car elle sait qu’en échange elle va recevoir l’énergie et la bonne volonté d’internautes impliqués. Agir de cette manière permet d’atteindre beaucoup plus de personnes que si l’organisation travaillait seule, et cela, à moindre coût.

Certaines organisations comme la Surfrider Foundation ou Charity: water se sont formées en réseau, mais de nombreuses institutions comme la Croix Rouge Américaine ou la Humane Society se réorganisent pour s’adapter. Les exemples sont traités dans la suite du livre.

Les organisations ne sont pas les seuls acteurs de ces réseaux. Les individus disposent aujourd’hui des moyens d’édition et de diffusion similaires aux plus grandes organisations. Ces individus connectés, geek, développeurs, activistes des médias sociaux doivent être intégrés aux activités d’une organisation en réseau, afin de les orienter vers un but commun aux organisations et aux individus.

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