Pour moi, tout a commencé avec un tweet de la banque mondiale. Et comme j’avais déja entendu parler des Hackatons, sans avoir d’idée précise, je suis allé voir de l’autre côté du mystérieux lien water hackaton.

En cliquant sur l’image, vous ouvrirez une page (en anglais)
du site de la Banque Mondiale qui décrit l’initiative

Hackatons vient manifestement du rapprochement des mots « hackers » et « marathons ». Les hackers ne sont pas si hostiles au sport et les marathons sont plus modernes que leur origine antique de le laisse penser. Et on peut faire courir des gens calés derrière un ordinateur. Mais après quoi courent-ils ?

Un maillage d’évènements dans le monde

Sous l’égide de la Banque Mondiale et grâce à la communauté RoHK, des experts de l’eau, des programeurs informatiques et des designers de services web et mobile se réunissent bénévolement pour réfléchir à des solutions aux problèmes de l’eau dans le monde. Pour faire cela, des événements sont organisés dans 10 villes : Bangalore, Kampala, Lagos, Lima, Londres, Nairobi, Tel Aviv, Toronto, Washington. Rien de très francophone pour l’instant donc… Sauf qu’il est possible d’organiser son propre événement, il y a même plein de ressources pour que ceux qui souhaiteraient organiser une réflexion sur le sujet.

RoHK : Random Hacks of Kindness, ou « Petits gestes de hacks généreux » dans ma traduction libre, est une communauté d’individus qui travaille sur l’innovation technique pour un monde meilleur. Pour ce faire, la communauté s’intéresse particulièrement aux problématiques humanitaires. Et pour ceux qui connaissent, il ne vous a pas échappé que l’humanitaire et le hacking ou l’humanitaire et les technologies de l’information, ne vont pas spontanément de pair.

L’idée donc, est de mettre dans une même pièce des travailleurs de l’humanitaire spécialiste de l’eau (distribution d’eau potable, création de puits, irrigation, mise en place de latrines, récupération d’eau usées, systèmes de gestion des crues…) et des développeurs/programmeurs informatiques animés d’un désir d’écrire des programmes qui peuvent faciliter le travail des  humanitaires. Souvent, les solutions proposées sont des outils d’information qui s’appuient sur les réseaux web et mobile, le crowdsourcing, la captation/distribution automatisée de données, la cartographie d’informations etc.

Comment ça marche ?

Sur le site, vous verrez qu’il y a une page dédiée à l’énoncé des problèmes liée à l’eau : Problems. L’idée est donc d’agréger à l’avance un ensemble de problèmes rencontré par la communauté humanitaire.  Tous les problèmes ne sont pas énoncés lors de l’événement mais en amont. Ainsi, tous les participants peuvent tirer parti de la participation des autres et il faut imaginer que ceux qui participent à l’événement auront déjà parcouru ces présentations de problèmes. Parcourez ces pages et vous verrez que ces sont des dizaines et des dizaines de problèmes qui sont identifiés, avec parfois une solution proposée. Le tout est classé dans 14 catégories.

Bien sur, cette page de d’énonciation/identification de problèmes est ouverte à tous. Vous trouverez même un guide sur la définition d’un problème, l’intéressement des parties prenantes, le partenariat avec des experts techniques et le pilotage des nouvelles technologies dans les programmes humanitaires. Nous sommes ici en plein dans l’utilisation du web comme une plateforme où il s’agit d’orienter et de canaliser la participation d’utilisateurs pour créer de la valeur.

Ainsi, même si vous ne participez pas physiquement à l’événement, vous pouvez proposer l’énoncé d’un problème et éventuellement, obtenir une proposition de solution de la part d’une communauté de technologues. Et comme RoHK développe des solutions Open Source, il n’y a pas d’appropriation de la solution mais la possibilité de la partager avec tous ceux qui en éprouvent le besoin.

Solutions

Je pensais ne trouver que des problèmes mais la section Solutions du site vaut également une petite visite. Ce sont des dizaines de concepts de programmes, d’applications ou de plateformes qui sont décrites, avec le stade de développement, les langages de programmation, une adresse renvoyant vers un site donnant plus d’information, le nom du ou des programmeurs qui s’y sont associés au projet et le nom d’un « propriétaire », peut être le responsable ou le coordinateur du projet.

Par exemple, la coordination automatisée d’un système d’évacuation d’eaux usées, dans un Bidonville du Caire : Ezbet Khairallah propose de mettre fin à la difficulté de l’accès de la population à un camion qui vient vider les bidons d’eaux usées. L’idée est de mettre en place un programme et des capteurs de données permettant de planifier et de réguler l’accès à la ressource, en fonction des besoins, en informant les habitants par SMS. Aucun programmeur ne s’est encore porté volontaire. Des intéressés ?

Si vous souhaitez écouter ce qui se dit, voir qui participe à ces événements et entrer en relation avec ces participants, vous pouvez suivre le #waterhack sur twitter.

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