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#Généalogie

Il y a peu j’ai rencontré Mathieu Coste, fondateur et « concierge » de ChezNous.

C’était une rencontre initiée par plusieurs lectures recommandées et par l’affichage répété d’un nom devenu familier. Suivi d’une visioconférence sur nos projets. Enfin, une conversation 0.0 avec des voix incarnées, deux étrangers plein d’affinités et un sentiment de familiarité.

Notre conversation plongeait aussi ses racines quelques années plus tôt lorsque j’avais discuté avec Gaelle aux Rencontres de Babyloan. Nous étions déjà réunis par l’envie de tisser une société plus solidaire, harmonieuse et humaine, avec tous ces nouveaux dispositifs de communication. Gaelle et Mathieu portent ChezNous et vivent ensemble.

Tisser, donc.

#Rhapsodie pour la convivialité

(Saviez-vous que rhapsodie est dérivé du grec ῥάπτειν, rháptein : ‘coudre’ et ᾠδή, ôidế : ‘chant’ ?)

ChezNous a pour vocation de tisser une meilleure qualité de vie entre voisins, d’entrelacer des ensembles de relations et de confectionner une toile, une société, une communauté d’habitants, en tirant le meilleur parti des technologies numériques.

L’utilisation de ces technologies répond à trois objectifs :

  • rendre visible les richesses des territoires ruraux et périurbains
  • enrichir les habitants et les territoires grâce aux usages numériques
  • dynamiser les interactions locales

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#ChezNous et moi

Dans ChezNous, plusieurs éléments me touchent. Le retour dans un environnement où la nature et ses rythmes ont leur place. Une compréhension avancée des enjeux du vivre-ensemble à l’heure de grands bouleversements. Le partage des regards poétiques aussi et d’une vision réaliste à la croisée du jeu sérieux, du média participatif et de la valorisation de la richesse des territoires et des hommes à l’ère numérique. Enfin, la volonté d’apporter des solutions nouvelles à des problèmes que l’état, les collectivités ou le marché, ne savent pas résoudre.

 

I. L’histoire de ChezNous

Parmi les différentes sources d’inspiration de ChezNous, nous retrouvons différents mouvements comme l’éducation populaire, la Communication NonViolente, la permaculture, le bio-mimétisme, le mouvement des villes en transition, l’entrepreneuriat de start up, les communautés du logiciel libre, les communautés de joueurs, l’éthique hacker, l’économie sociale et solidaire ou encore l’intelligence collective. Les inspirations du projet sont nombreuses et renvoient à la fois vers des pratiques économiques et sociales, des outils, des philosophies ou encore des domaines d’études scientifiques comme l’écologie.

Lancé il y a près de deux ans sous forme de société par action simplifiée, le projet a cherché sa définition, recruté des sociétaires et affiné son modèle de développement. ChezNous s’est enrichi au cours du temps : d’abord présentée comme conciergerie de proximité, puis jeu d’animation de territoire, c’est sous la forme d’un média participatif que le projet se lance en Mars 2015.

L’idée de conciergerie paraît surprenante. Pourtant, si nous pensons aux différentes fonctions jouées par le concierge au sein d’un immeuble, nous avons une idée de l’étendue des fonctions à remplir en réponse aux besoins des habitants d’une commune augmentée par la pratique de ChezNous.

L’idée de jeu d’animation de territoire ne nous renvoie pas à quelque chose de connu. Nous pouvons être familiers de l’univers du jeu de société ou du jeu vidéo, cela a rarement à voir avec l’animation de territoire. Qu’est-ce qui rempli une fonction d’animation de territoire ? Les festivals, les événements et les flux d’habitants animent le territoire, les services administratifs, les activités économiques produisent de l’animation, les patrimoines culturels et naturels participent également à cette fonction.

La fonction d’animation de territoire par le jeu est plus récente.

Toutefois, ChezNous n’est pas un jeu de plateau ni un jeu vidéo. C’est un projet qui utilise des éléments provenant de l’univers du jeu pour inspirer des solutions par les habitants à des problèmes d’information rencontrés par ces habitants, sur leur territoire.

Ici, il faut rappeler que pour ChezNous, l’habitant d’un territoire peut-être un particulier, une entreprise ou une collectivité.

En plus d’un jeu, ChezNous se pense comme un média participatif. L’objectif de ce média est de permettre la production assez rapide du bien informationnel local d’un territoire afin de générer une audience au sein de laquelle des productions, des besoins, des intentions, des projets vont émerger.

Mais qu’est ce qui a conduit Mathieu à entreprendre cela ?

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Affiche de Thibault Mangeard

II. Les objectifs et la raison d’être de ChezNous

Au delà de l’entreprise considérée comme un acteur exclusivement économique, ChezNous associe plusieurs constats. Le premier relève de la question du rôle de l’entreprise et de l’économie dans nos sociétés. Le second a trait à la relative pauvreté de l’offre d’information locale disponible pour les habitants d’un territoire.

Nous savons que le développement durable a émergé ces dernières années pour remettre en question la prééminence des critères économiques pour évaluer une activité. Les critères sociaux et environnementaux doivent être intégrés dans les bilans car il faut reconnaitre à l’entreprise une fonction sociale et un rôle d’agent de modification des écosystèmes.

Parce que le développement durable est insuffisant, ChezNous propose l’idée de Code Social. La notion est empruntée au code source dans le logiciel libre. Le code social renvoie à l’activité d’écriture des règles qui fondent les liens d’une organisation avec son écosystème. Cet ensemble de règles est évolutif, et coopératif : chacun peut y contribuer tant que ses contributions sont bienveillantes.

La notion de Code Social a pour vocation d’étendre à un plus grand nombre de domaines les principes et les modèles qui fondent l’action portée par un projet. Les plans suivant : social, humain, économique, écologique, technologique, juridique, artistique et culturel d’une entreprise, peuvent faire l’objet d’un code puis de mises à jour régulières pour définit le projet dans toutes ses dimensions.

Répondre aux insuffisances de l’information à l’échelle locale

Ouvrir un journal de la presse quotidienne d’information régionale et se demander si les contenus produits par ce média répondent aux besoins d’information des acteurs du territoire. Puis, penser aux possibles ouverts par la cartographie, les agendas partagés, les systèmes d’alertes, les plateformes de partage vidéos, de photos ou de conversations, appliqués à l’information produite et utilisée localement, avec une interconnexion des réseaux mobiles et web, et se demander comment ces services permettent de penser de nouveaux moyens de s’organiser sur un territoire.

ChezNous constate que l’information à l’échelle du territoire d’une commune est très insuffisante dans l’offre des médias de presse, télévision, radio et internet. Bien que de nombreux médias participatifs locaux existent.

Les mairies peuvent être à l’origine d’un magazine, mais c’est peu participatif, les choix éditoriaux répondent surtout aux besoins de la Mairie et des commerçants et le modèle économique basé sur les subventions et la publicité. Il faut aussi compter avec les sites d’information des Mairies, mais peu sont résolument orientés vers les déploiements de services facilitant l’information et l’animation de la vie sur le territoire.

Pour créer les conditions de la production de nouvelles réponses aux besoins mis en évidence par ces constats, ChezNous définit sa raison d’être à travers plusieurs objectifs :

  • enrichir chaque habitant participant dans le cadre du développement de mission(s) collective(s),
  • améliorer la qualité de vie des habitants d’un territoire en proposant des services innovants, des rencontres, et en facilitant le partage de connaissances
  • développer l’économie collaborative sociale et solidaire localement,
  • co-construire un espace de collaboration et de contributions favorisant la démocratie participative et l’innovation citoyenne,
  • construire les conditions de la révolution du sourire,
  • favoriser le développement de nouveaux liens sociaux,

Citation mathieu ChezNous

Permettre l’émergence d’une nouvelle définition de la richesse

La richesse matérielle n’est qu’une des couleurs de la richesse et il faut comprendre l’économie au sens de ‘science des échanges’.

ChezNous part du principe qu’il y a forcément création de richesses dans l’échange et le partage.

Pour aider à la visualisation et la prise en compte de l’ensemble des échanges et des richesses, ChezNous utilise une méthodologie appelée « Matrice de Richesses ». Il s’agit de visualiser l’ensemble des flux de richesses produites dans une action, un projet, une mission.

 

III. Financement du projet

Crée début 2013, ChezNous fête ses deux années d’existence. Cette période d’investissements pour les co-fondateurs a permis de bâtir un réseau d’une soixantaine de sociétaires français dont vous pouvez consulter des biographies dans la rubrique le Bottin. Beaucoup de travailleurs dans les métiers d’internet, de l’édition, de l’entreprise.

Cette période a également vu le projet affiner sa définition pour s’ancrer sur un modèle de média participatif développé à l’échelle locale. Cette activité ayant besoin d’investissements au lancement (la production de contenus médias étant longue et coûteuse), les activités de formation, de conseil et de production de systèmes d’information de la SAS ChezNous ont vocation a couvrir les phases de lancement.

Dans un second temps, une fois un certain seuil d’utilisateur dépassé, une forme d’abonnement à des services innovants et à des contenus exclusifs prendra le relais, ainsi qu’une offre de régie publicitaire à destination des activités produites localement.

Aussi, il n’est pas exclu de recourir à des subventions publiques d’origine locale, régionale, nationale ou européenne, notamment si certains services déployés fonctionnent suffisamment bien pour intéresser les collectivités.

 

IV. Actualités du projet

En 2014-2015, plusieurs éléments sont venus valider les nouvelles orientations. Un contrat de formation des cadres a été signé avec le département du Puy de Dôme. Suivi d’un contrat pour la mise en place d’une plateforme avec la communauté de communes Issoire Val d’Allier Sud et la mise en place de la plateforme de contribution qui s’adresse à huit communautés de communes, situées au Sud-Est de Clermont-Ferrand.

L’objectif est de construire avec les habitants la candidature du territoire au programme LEADER européen de financement de projets publics, privés et associatifs dans les territoires ruraux. Certaines parties du site sont encore en construction, des rencontres ont été organisées à l’automne 2014, mais il faudra encore un peu de patience pour apprécier la réussite de cette concertation.

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En 2015, ChezNous publie le livre enrichi L’avenir [des pixels] est entre nos mains de Timothy Duquesne. ChezNous réalise avec ce projet sa première mission autour du métier d’éditeur. La sortie du livre est prévue prochainement. Vous pouvez vous inscrire à la lettre d’information pour être averti http://avenirdespixels.net/ et déjà le réserver pour en être les tout premiers lecteurs. 

Point important concernant la distribution de ce livre : la notion de livre suspendu, soit la possibilité d’acheter des exemplaires pour les mettre à disposition d’autrui (notamment des bibliothèques ou des lecteurs pour qui s’acquitter du montant du livre représente une difficulté).

 

V. Les acteurs du projet

Initiateur et co-fondateur de ChezNous, Mathieu Coste est un acteur expérimenté d’un web mis au service de l’innovation sociale. Il a lancé l’idée de révolution du sourire et s’est associé à de nombreux projets du web collaboratif français : CraoWiki, La Cantine, La Ruche, Les Explorateurs du Web, le mouvement des Barcamps. Les dimensions humaines et les considérations environnementales prennent une place importante chez lui. Mathieu est autodidacte et a commencé par travailler la matière avant de se lancer dans une dizaine d’années de recherches sur la révolution numérique.

Gaelle, co-fondatrice du projet, accompagne le déploiement de ChezNous en Auvergne.

En soutien de ces deux pièces maîtresses, de nombreuses personnalités sont venues rejoindre le projet, l’enrichir de leur regard, et présentent leurs motivations et l’espoir qu’ils mettent dans ChezNous avec leurs mots. Ezzedine El-Mestiri, journaliste et auteur indépendant, parle d’« un lieu d’échanges, d’informations, de savoirs au service du citoyen amateur, artiste et aimant.»

Albert de Pétigny, co-fondateur des éditions de livre pour enfant Pour Penser, souhaite « mettre ses talents de connecteur au service du projet. »

Timothy Duquesne, auteur passé par le conseil en marketing et le conseil en stratégie, a écrit sur la relation entre annonceur et créateurs à l’ère digitale (cf. sa publication « United to Build Meaningful Media Ecosystems »). Timothy voit dans ChezNous « un écosystème agrégeant des talents aux parcours et horizons variés dont ChezNous peut catalyser les énergies. »

Solange St Arroman, Dg et Responsable Prospective & Innovation : « ChezNous ? Ce projet me parle, il me parlait lorsque  je l’ai vu démarrer sur Facebook. La maîtrise des situations problématiques, la levée des freins, le saut d’obstacle (virtuel !), faire émerger les solutions,  font partie de mes compétences… »

Tibor Katelbach est ingénieur informatique et fervent défenseur de l’open source et de solutions innovantes. Tibor souhaite agir avec ChezNous « dans une dynamique de regroupement des acteurs du domaine sociétal à travers le monde, pour augmenter nos capacités collectives et atteindre nos objectifs de bien communs et d’intérêt général collaborativement. » Tibor est co-fondateur de la plate-forme de réseau social local http://www.pixelhumain.com/ qui est sur le point de se lancer et qui se présente comme une plateforme de discussion et d’actions citoyennes.

Au cœur de Pixel Humain, il y a l’idée de communection, c’est à dire ce connecter à sa commune. Les plus développeurs d’entre vous pourront aller regarder le Github du projet.

Impossible de rendre compte de l’étendue de richesse des profils et des expériences qui conduisent à s’intéresser à ChezNous. Voyez par vous même dans le Bottin http://cheznous.coop/le-bottin/ qui vous permet également de prendre contact avec les sociétaires.

 

VI. Les activités

Afin de révéler la richesse des territoires, plusieurs exemples d’activités nourrissant le média participatif ChezNous ont été identifiées. Comme évoqué plus haut, le premier objectif est de construire le bien informationnel d’un territoire. Il est difficile de prévoir la forme qu’un ChezNous prendra, étant à la fois le résultat d’une méthode (le jeu), d’une activité (produire le bien informationnel local) et de l’appropriation et de l’orientation de l’initiative par les habitants d’un territoire et pour répondre à leurs besoins.

Pour autant, un premier ChezNous existe sur le territoire du Pays d’Issoire en Auvergne. Plusieurs rencontres ont été organisées avec les habitants, des élus ont été sensibilisés et la plateforme de concertation évoquée traduit l’utilité de ce type de projets pour organiser un débat et porter d’une voix commune celle des habitants auprès des instances européennes.

Une mission en cours

Dans le pays d’Issoire, plusieurs volontés ont exprimés le besoin de mettre en réseau les potagers locaux. Portée par une dizaine d’habitants, une mission de cartographie des potagers a été lancée. Cette carte permet de faciliter la mise en relation des jardiniers, d’émettre des besoins ou de mettre à disposition de ressources (semences, main d’œuvre, piquets, préparation naturelles de type purin etc.) ou encore de synchroniser les tâches (récoltes, semis, transformation) ou de partager des pratiques.

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Vichel, Pays d’Issoire, Source : Open Street Map

 

Une idée de mission

Voici un petit exercice dans lequel j’imagine une mission possible. Si cela vous inspire une réécriture, des ajouts, des questions, si vous voulez publier votre propre récit d’anticipation d’une mission de ChezNous, vous savez où se trouvent les commentaires.

Tout commence avec un message de Philippe : restaurateur à Saillans, dans la Drôme.

Son message est publié via SMS sur le site http://www.pixelhumain.com/ le réseau social local sur lequel s’appuie ChezNous :

Philippe (restaurant Le Diois, Saillans) : ‘dispose d’une quantité importante de produits frais invendus que je ne pourrais pas cuisiner. Passez avant 19h’ #reptxt #reptel

Son message est également publié sur le portail web local http://saillans.cheznous.coop.

La publication est aussi transmise à sur les téléphones mobiles de Ranwa, de Jérôme et de Piotr, tous trois habitants de la commune.

Précédemment, lors de leur inscription sur le portail, Ranwa, Jérôme et Piotr ont déclarés certains de leurs centres d’intérêts et ils se sont abonnés aux alertes mobiles sur les invendus alimentaires des commerçants de la ville de Saillans.

Jusque là, le système d’alerte sur les invendus alimentaires était resté silencieux. Jusqu’à cette réunion organisée par ChezNous ce vendredi soir de Mars 2015 à la Maison des Associations de Saillans. Plusieurs restaurateurs et commerçants de la ville étaient présents, quelques familles au complet, quelques retraités, un représentant de la Mairie et plusieurs enseignants de l’école ont également fait le déplacement.

La présentation du réseau de jardiniers, de la cartographie de potager et les témoignages des acteurs de cette mission a été le moment le plus fort de la soirée. Stimulant rires et discussions, de nouveaux services permettant de mieux se coordonner et de mieux connaître les autres habitants du territoire ont vite été formulées : cartographier les vergers non entretenus par leurs propriétaires âgés, localiser les lieux de compostage et y associer une équipe de responsables du compost, mettre en évidence le réseau des assistantes maternelles avec mise à jours quotidienne de places disponibles.

mission-fictive-cheznousCe soir là, à Saillans, il s’est passé un autre déclic majeur pour ChezNous. Renée, 65 ans, célibataire, a fait la connaissance d’André, de quelques années sont cadet. Comment cela s’est-il passé ? Lorsque Renée a émis des réserves sur sa capacité à apprivoiser http://www.pixelhumain.com. André n’a pas hésité à lui proposer de lui montrer comment il utilise Facebook pour rester en contact avec ses petits enfants.

Je ne sais plus si c’était avant ou après cette rencontre, mais Philippe et d’autres commerçants ont rapidement perçu l’intérêt qu’ils avaient à s’adresser aux habitants intéressés en proposant de venir chercher des invendus plutôt que de les jeter.

Aussi, Ranwa, Jérôme et Piotr sont également abonnés aux alertes sur les surplus alimentaires provenant des particuliers de Saillans. Ils se sont déjà retrouvés à plusieurs reprises dans les potagers d’autres habitants. Pendant ces moments privilégiés, ils apprennent à se connaître et en discutant, ils sont d’accord sur le fait ces nouvelles pratiques ont fini par modifier profondément leur façon de s’approvisionner, l’importance des dépenses alimentaires, les rencontres, leur quotidien avec la mise en place de projets de valorisation de restes avec d’autres habitants qu’ils ne connaissaient pas, mais qui s’intéressaient tous à cette question. Même la place des produits frais dans leur alimentation a été modifiée. Le temps passé à cuisiner aussi : moins souvent seuls, plus souvent à plusieurs.

Ironie de fin de l’histoire : un article, un série de portraits et un petit film est en cours de production pour présenter cette mission bien de ChezNous.

 

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